Refus de soins à une femme voilée: "Il faut que la France et l'Ordre des médecins réagissent"

Le conseil régional de l'Ordre des médecins de Rhône-Alpes doit statuer samedi sur une plainte d'une patiente contre un médecin de l'Isère pour "refus de soins pour motif discriminatoire". La généraliste mise en cause encourt un blâme, un avertissement, une inteérdiction temporaire d'exercer ou même une radiation.


L'affaire remonte à juin 2015. Une consultation dégénère entre une patiente voilée et une généraliste. La praticienne aurait déchiré l'ordonnance et demander à sa patience de quitter son cabinet. La patiente filme la scène avec l'accord du médecin. Dans cette vidéo, on peut voir la praticienne dire ne plus vouloir recevoir de femme voilée dans son cabinet et ne pas vouloir de femme voilée en France.

Alors que la patiente a porté plainte chez les gendarmes et qu'en novembre le parquet de Chambéry a classé l'affaire sans suite, ce samedi, le conseil régional de l'Ordre des médecins de Rhône-Alpes doit statuer sur cette plainte pour "refus de soins pour motif discriminatoire". Et pourtant, cet Ordre des médecins a d'abord tenté une conciliation en mai dernier. Lors de cette rencontre, la généraliste a lu un courrier dans lequel elle explique avoir refusé de délivrer un médicament face à une patiente trop exigeante.

"Elle n'a pas respecté le serment d'Hippocrate"

Elle reconnaît aussi que le voile de sa patiente l'a gênée, affirmant que c'est illégal en France en tant que signe ostentatoire religieux. Pour Anissa, la patiente, c'est très clair: ce médecin n'a pas voulu la soigner à cause de son voile et de sa religion. Inacceptable pour cette mère de 4 enfants qui attend depuis plus d'un an que ce geste soit sanctionné. "Il faut que la France et l'Ordre des médecins réagissent, déclare-t-elle sur RMC. On doit respecter les lois de la République. C'est pour tout le monde".

"En tant que médecin, elle n'a pas respecté le serment d'Hippocrate et ça, ce n'est pas possible, ajoute-t-elle. Je n'accepte pas que ce genre de médecin puisse être en activité". "Elle a déchiré mon ordonnance et m'a dit 'De toute façon, je n'aime pas les femmes voilées. Je n'aime pas les musulmans, vous sortez'", se souvient-elle. Et de se dire "choquée" et "humiliée". "Elle n'avait pas à avoir ce comportement-là. C'est un médecin, elle est là pour soigner les gens et non pour donner son avis personnel". Cette généraliste mise en cause encourt un blâme, un avertissement, une interdiction temporaire d'exercer ou même une radiation.

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